L'histoire de la Société philomathique de Verdun

« Messieurs,

Le but que vous vous proposez dans votre réunion, l'étude des sciences naturelles et physiques, est l'un des objets les plus intéressants pour la société ; presque tous les progrès faits dans les arts sont le résultat des découvertes dans les sciences physiques ».

Ainsi débutait, le 22 octobre 1822 à 14 h, la première séance de la Société philomathique de Verdun qui avait pour programme l'inauguration du buste de Louis XVIII sous les auspices duquel, la société savante est créée.

Dans son discours inaugural, le maire Nicolas Desgodins, président de l'association poursuit :

« La culture de ces sciences est devenue un besoin et votre réunion doit être aussi agréable à chacun de vous en particulier pour son instruction personnelle, qu'elle sera utile à la société en propageant dans la ville que nous habitons, l'étude de la nature sous les rapports de l'utilité et de l'agrément ».

Procès verbal de la première séance de la Société philomathique.
Procès verbal de la première séance de la Société philomathique.

La fondation

La Société philomathique de Verdun a été fondée le 1er août 1822 par Hubert Lucas, professeur de sciences naturelles au collège de Verdun où l'association dispose d'un local de trois pièces.

« Verdun participe ainsi à un vaste mouvement intellectuel qui, sous la Restauration (1814-1830) se manifeste par la reconstitution des académies provinciales dissoutes sous la Révolution et la création dans les villes de taille moyenne, voire modestes, des sociétés à "curiosités multiples" », souligne Marc Rochette, président d'honneur de la Société.

A l'époque la Société a pour but : « l'étude des sciences naturelles, physiques et chimiques et de leur application aux arts ».

Les membres fondateurs sont au nombre de vingt. La Société est administrée par un président, un vice-président, un secrétaire-trésorier et trois commissaires. Elle se réunit les 2 et 16 de chaque mois.

Hubert Lucas, membre fondateur de la Société philomathique de Verdun
Hubert Lucas, membre fondateur de la Société philomathique de Verdun

Le secrétaire-trésorier est François Clouët, conservateur de la bibliothèque publique de Verdun, conseiller municipal et amateur de numismatique.

Les vingt membres fondateurs sont : Bizet, négociant, juge au tribunal de commerce. Cavaré, docteur en médecine. Collin, négociant et naturaliste. Devaux, secrétaire à la mairie (commissaire). Didry, artiste vétérinaire. Doisy, passementier, naturaliste (commissaire). Gauthier, capitaine du Génie. Gouraux, capitaine du Génie (commissaire). Humbert, contrôleur des contributions, botaniste. Lucas, amateur d'histoire naturelle. Mareschal, négociant, conseiller municipal, juge au tribunal de commerce. Martin, professeur de mathématiques au collège de Verdun. Maucourt, pharmacien. Neucourt, pharmacien. Newenham, amateur anglais d'histoire naturelle. Nicolas, armurier breveté. Remy, principal du collège de Verdun. Sirejean, pharmacien, conseiller municipal (vice-président). Thiébaut, lieutenant-colonel du Génie. Tristan, pharmacien.

Signature du réglement par les membres de la philomathique
Signature du réglement par les membres de la philomathique

Le premier règlement de la Société philomathique de Verdun est adopté le 20 septembre 1822.

Très vite, Hubert Lucas est mis à la tête des collections : des animaux, des minéraux et des squelettes.

En 1863, Félix Liénard, emblématique secrétaire de la Société dénombrait 13 000 pièces dont 900 oiseaux, 2 000 mollusques, 148 mammifères...

Au fil du temps les objectifs incluent :

« La sauvegarde des monuments et du patrimoine architectural contre le vandalisme destructeur et aussi ... restaurateur ; la constitution de collections d'objets anciens et de minéraux pour créer un musée ; la publication régulière de ses travaux avec la création d'une revue. »

Créée sous Louis XVIII, c'est sous Napoléon III que la Société philomathique de Verdun est reconnue comme établissement d'intérêt public par le décret impérial du 4 avril 1860.

Les échanges avec les autres sociétés savantes

La Société philomathique de Verdun dispose de membres titulaires et de membres correspondants.

Elle est aussi en rapport avec une foule d'autres sociétés savantes partout en France et à l'étranger. En 18848, par exemple, elle est en rapport dans une quarantaine de départements avec près de 80 sociétés comme l'Académie de Metz, la Société d'émulation de Montbéliard, la Société d'émulation du Doubs, l'Académie de Stanislas à Nancy, la Société philomathique vosgienne, l'Académie des sciences de l'Institut à Paris, La Société philomathique de Paris, la Société philotechnique de Paris, la Société des antiquaires de France, le Muséum d'histoire naturelle de Paris...

Neuf autre de ces sociétés correspondantes sont basées en Belgique, au Luxembourg et aux États-Unis avec la prestigieuse Smithsonian Institution à Washington.

Le musée de la Princerie

La Société philomathique de Verdun est à l'origine du musée municipal de la ville de Verdun, appelé aujourd'hui Musée de la Princerie puisque logé à l'Hôtel de la Princerie.

À la création de la Société philomathique, une des trois pièces dévolues à l'association est consacrée à la conservation. Les collections s'enrichissent au fil du temps par l'achat, les dons et les legs : histoire naturelle, archéologie, beaux-arts...

Le musée déménage à la sous-préfecture, puis à l'hôtel de ville de Verdun en 1874. Le bâtiment est ravagé par un incendie en 1894 et les pertes sont considérables mais le musée rouvre ses portes au même endroit en 1905. En 1912, le musée est transféré au Palais épiscopal de Verdun.

Le musée de la Princerie, siège de la Société philomathique de Verdun
Le musée de la Princerie, siège de la Société philomathique de Verdun

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, la majeure partie des collections sont évacuées à Bar-le-Duc, Vaucouleurs et dans le Puy-de-Dôme à Riom ville natale de Georges Leboyer, bibliothécaire de Verdun, qui sauva le patrimoine écrit de la ville en y envoyant la majeure partie des ouvrages.

Acheté par la ville en 1920, l'Hôtel de la Princerie, partiellement détruit durant la Grande Guerre, est restauré et le musée y est définitivement installé en 1932.

La Société philomathique de Verdun aujourd'hui

Après le collège de Verdun, l'hôtel de ville ou le Palais épiscopal, les locaux de la Société philomathique de Verdun sont situés, depuis 1932, au 16 rue de la Belle-Vierge à Verdun, siège du Musée de la Princerie. Ce local renferme ses archives et sa bibliothèque.

Les travaux de la Société philomathique ont pris une autre direction que celle définie au début de son histoire et traitent désormais presque exclusivement d'histoire générale et d'histoire locale.

Le 4 février 2016 des armoiries, venant remplacer l'ancien sceau de la Société, sont adoptées. Elles ont été créées par Robert Louis, héraldiste et Dominique Lacorde, historien, membres du Comité Héraldique de Lorraine.

Armoiries de la Société philomathique de Verdun
Armoiries de la Société philomathique de Verdun

Elles se lisent ainsi :

« De gueules à deux plumes d'oie d'argent, posées en chevron renversé et appointées, surmontées d'une cathédrale avec quatre flèches, derrière laquelle s'élève un beffroi entouré de murailles, le tout d'or. Soutien de l'écu : deux rameaux de lauriers tigés et feuillés de sinople, passés en sautoir. Devise : « Le partage du savoir » en lettres de sable sur un listel d'or au revers de gueules. Cri de ralliement : Société philomathique de Verdun en lettres d'or sur un listel de sinople au revers de gueules ».

L'association est aussi sur Wikipedia : Société philomathique de Verdun.

En 2020, elle est forte d'environ 70 membres.

 

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